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mardi 18 juillet 2017

Teddy Wilson

Pour s'épanouir, certains talents préfèrent parfois l'ombre à la lumière. Teddy Wilson n'a jamais eu auprès du grand public, ni même auprès de la critique, un succès à la mesure de l'admiration que ses pairs n'ont cessé de lui porter. Bien rares pourtant sont les pianistes dont le jeu atteint un tel degré de maîtrise et de perfection. C'est en Alabama, à Tuskegee, qu'il suit une formation musicale classique, s'essayant tour à tour au violon, à la clarinette, au hautbois et au piano. Ce dernier instrument l'emportera bien vite dès ses années de collège. Il rejoint ensuite son frère Gus, qui joue du trombone à Detroit, et il se fait remarquer dès l'été de 1929 dans les orchestres locaux. Ses véritables débuts professionnels ont lieu au sein du Lawrence « Speed » Webb Band. Il se distingue en 1930 dans la formation de Milton Senior à Toledo. Louis Armstrong l'engage et le garde à ses côtés de 1931 à 1933. C'est avec le grand trompettiste qu'il grave son premier enregistrement – Basin Street Blues – le 27 janvier 1933. À cette époque, il joue beaucoup avec Erskine Tate et Jimmie Noone. En 1933, il se retrouve à New York dans les Chocolate's Dandies de Benny Carter. Il appartient, en 1934 et 1935, à l'orchestre de Willie Bryant. Sur la recommandation de John Hammond, Benny Goodman l'appelle auprès de lui en 1935. Il est ainsi le premier musicien noir à entrer dans la formation du célèbre clarinettiste blanc. Il s'y illustre essentiellement en trio, avec le leader et le grand batteur Gene Krupa, ou dans des ensembles élargis, avec le concours de Lionel Hampton. Cela ne l'empêche pas d'enregistrer avec Lester Young, Ben Webster, Johnny Hodges, Buck Clayton, Cozy Cole et Billie Holiday, dont il fut l'un des meilleurs partenaires. (http://www.universalis.fr/encyclopedie/teddy-wilson/)


   



De 1933 avec les Chocolate Dandies à 1950 en trio,  du solo au combo le plus chaud, Teddy Wilson aura eu la carrière d’un artiste en tout point exemplaire. On y croise avec bonheur les hommes de Basie comme ceux du Duke, mais aussi l’amie Billie, Benny Goodman, Roy Eldridge, Coleman Hawkins et même Wardell Gray. Goodman a dit un jour : « Jouer avec Teddy Wilson, c’est comme jouer du Mozart avec un quatuor à cordes. » .Il fonde en 1939 un grand orchestre qu'il abandonnera rapidement pour se consacrer à un sextette (1940-1944). Il retourne chez Benny Goodman en 1945 mais côtoie parallèlement des musiciens de style aussi divers que Charlie Parker, Stan Getz, Harry James ou Art Blakey.   Immédiatement associé à une certaine idée, sobre et mélodieuse, de l’élégance, inventé à la confluence de celui d’Earl Hines et d’Art Tatum, le style toujours « impeccable » de Teddy Wilson s’impose comme la grâce même. Justesse de ton, légèreté du toucher, précision et décontraction dans l’art de l’accompagnement, souplesse de la main gauche (avec son jeu si caractéristique toute en suites en dixièmes), pureté des lignes, perfection de la mise en place, évidence aérienne du swing, toutes ces qualités font de Teddy Wilson le parangon du « surclassisme » (Jacques Réda), le modèle indémodable du jazz que l’on dit du « millieu ».(http://www.fremeaux.com/index.php?page=shop.product_details&category_id=35&flypage=shop.flypage&product_id=269&option=com_virtuemart)


   



Theodore Shaw "Teddy" Wilson, né le 24 novembre 1912 à Austin (Texas), mort le 31 juillet 1986 à New Britain (Connecticut), est un pianiste de jazz des États-Unis. Son style élégant et sophistiqué fut associé aux plus grands noms du jazz dans leurs enregistrements, notamment Louis Armstrong, Benny Goodman, Billie Holiday, Ella Fitzgerald et Lester Young.(Wiki)
Les gens qui s’obstinent à méconnaître Teddy Wilson sont des pauvres Trugludus. Ceci dit sans vouloir les offenser.» c’est signé Boris Vian… Teddy Wilson a été au piano ce que Lester Young fut au saxophone. On pourrait l’appeler le « président Wilson » et lui dédier une avenue, de l’Alma au Trocadéro. C’est la seule chose qu’on puisse ajouter aux parfaites notes de pochette de cette excellente anthologie due à Alain Gerber, Alain Tercinet et Philippe Baudoin. Ils ont si bien choisi parmi les meilleures faces du pianiste, en solo, en trio, en petite formation et même en big band, que notre stock de vocabulaire louangeur s’en trouve épuisé. On ajoutera juste quelques noms des partenaires de Teddy, homme aux mains aériennes et poète aux semelles de vent : Ben Webster, Coleman Hawkins, Benny Carter, Benny Goodman, Mildred Bailey, Johnny Hodges...

 

                               


Aujourd’hui encore, c’est un pianiste qui nous intéresse, un maillon essentiel de l’histoire de cette musique, et pourtant, Teddy Wilson ne jouit sans doute pas aujourd’hui de la notoriété de certains de ses confrères, comme ses aînés Fats Waller et Art Tatum ou ses cadets Erroll Garner et Oscar Peterson. En a-t-il jamais bénéficié, hormis la courte période où il fut associé au populaire clarinettiste Benny Goodman, le « roi du swing », dans la seconde partie des années 30 ? Le rôle artistique de Teddy Wilson fut pourtant capital dans la réunion de splendides petites formations à l’instigation du producteur John Hammond, où l’on apprécie en toute liberté les meilleurs solistes du moment - Ben Webster, Roy Eldridge, Chu Berry, Benny Carter, Johnny Hodges, Lester Young, entre autres, sans oublier la jeune Billie Holiday. Moins démonstratif que d’autres, l’art de Teddy Wilson résulte d’une habile combinaison d’inventions préexistantes : à la main gauche en dixièmes de Fats, il associe en effet le phrasé détaché de main droite de Earl Hines, dans un environnement harmonique et virtuose qui doit beaucoup à l’amicale influence de Tatum. 


                            



Sur ces fondations, Teddy Wilson construit un langage d’une limpide clarté, d’une logique imparable, servi par une technique qu’il devait à une solide formation classique. Après-guerre, il sera d’ailleurs l’un des premiers à enseigner le piano jazz au sein d’un établissement new-yorkais prestigieux, la Juilliard School. Mais avant cela il avait déjà fait école auprès de ses contemporains, fascinés par son sens de l’espace comme par sa manière personnelle de faire chanter ses lignes de main droite, dans un contexte d’une grande liberté rythmique. Et pour évoquer cet art subtil et délicat, j’ai le plaisir de recevoir une nouvelle fois dans cette émission un spécialiste du piano jazz de cette période, le pianiste Louis Mazetier. (http://www.francemusique.fr/emission/le-matin-des-musiciens-du-mardi/2013-2014/teddy-wilson-avec-louis-mazetier-04-22-2014-11-02)

lundi 17 juillet 2017

Aldo Sambrell

 De son vrai nom Alfredo Sánchez Brell cet acteur espagnol est né à Madrid le 23 février 1937. Après une figuration sur «Le roi des rois» de Nicholas Ray en 1961, il commence dit-on à faire du cinéma par hasard en ayant rencontré sur un terrain de football le réalisateur Joaquín Luis Romero Marchent. Ce dernier le prend pour son western «Les trois implacables» (1962). Vont suivre des dizaines de rôles du même genre ayant plus ou moins d’importance dans des westerns-spaghetti dont ceux de Clint Eastwood réalisés par Sergio Leone («Pour une poignée de dollars» - 1964; «Et pour quelques dollars de plus» - 1965, «Le bon, la brute et le truand» - 1966), voire des westerns-choucroute comme «L’enfer du Manitoba» (1965) avec Lex Barker et Pierre Brice. Aldo Sambrell tourne aussi, dans les années soixante, des péplums et des films d’aventure de tous les genres comme «Les trois sergents de Fort Madras» (1964) de Umberto Lenzi; «Surcouf, le tigre des sept mers» (1965) avec Gérard Barray dans le rôle du corsaire malouin; le film sur la guerre d’Algérie, «Les centurions» (1965), avec Anthony Quinn, Alain Delon, Maurice Ronet; et même des figurations non mentionnées au générique comme pour le «Docteur Jivago» (1965) de David Lean, «Tristana» (1970) de Luis Buñuel, «Voyage avec ma tante» (1972) de George Cukor et «Le lion et le vent» (1975) de John Milius.(http://www.cineartistes.com/fiche-Aldo+Sambrell.html?PHPSESSID=131f89bacfc8085ca3ebb6840dcbc109).



                              


Un Western spaghetti interressant par le réalisateur Sergio Corbucci !! Produit par le célèbre Dino De Laurentiis qui met les moyens nécéssaires dans le budget de ce film ambitieux et qui vieillit bien, "Navajo Joe" est un chassé croisé entre un Indien qui poursuit une armée de hors la loi. Le héros est trés dégourdit avec les armes (fusils, couteaux, dynamites), trés souple dans sa gestuelle et trés malin sur ses proies. En face, des hommes sans scrupules dont les tètes sont mis à prix qui tuent tout sur leurs passages, jusqu'à scalper une tribue Indienne. Les bandits préparent un gros coup sur un train possédant une armée et un gros butin de Dollars mais Joe, le tueur, est déterminé a se faire justice. Un long métrage captivant qu'on suit avec jubilation mème si on devine un peu comment cela va se finir. Le film doit beaucoup aussi à la superbe musique d'Ennio Morricone qui n'est pas crédité dans le générique mais dont on reconnait la patte. Burt Reynolds, qui n'etait pas encore une star enchainant des séries B par la suite, est excellent dans le role titre de mème que les autres acteurs et actrices Espagnoles ou Italiens (mention pour la jolie brune d'une beautée à tomber). Avis aux amateurs. Navajo Joe est un exellent Western Spaghetti réalisé avec brio par un Sergio Corbucci au mieux de sa forme. La musique ( qui est écoutable dans le volume 1 et volume 2 de Kill Bill de Quentin Tarantino ) est magnifique, très prenantes et tous simplement PARFAITE, les acteurs sont géniaux, la phtographie, les décors et tout sont magnifique, même si certaines scènes perdent en puissance et même si certaines sont limite beaucoup trop courte et vite fait ( ex. la scène finale, qui est vraiment grandiose aurait dû être plus longue pour avoir plus de plaisir avec la musique ), d'ailleurs j'ai trouvé que les scènes musicales sont même limite meilleurs que quand tu as des dialogues dans ce film...enfin bon, Navajo Joe est un des plus grand western que j'ai vu, c'est un film qu'il faut avoir vu si tu aime les westerns Italien et voilà, après, pour ceux qui n'aime pas ce genre de film, je peux vous dire de passer votre chemin, mais pour les fans, foncer tête baissée sur ce film il vaut vraiment le coup.


                       
"Navajo Joe" suit le parcours d'un indien (sujet finalement assez rare dans le western italien, en dehors du fameux "Keoma" sortit des années plus tard) qui affronte une bande de bandits sanguinaires. Entre un combat motivé par la vengeance, une violence omni-présente et une musique aussi prenante qu'inoubliable (encore un bijou d'Ennio Morricone), le film remplit tous les critère du bon western spaghetti. L'ensemble est rythmé et captivant et le film ne souffre d'aucun temps mort. On appréciera aussi la noirceur du propos et la manière dont Sergio Corbucci parvient à se défaire des codes traditionnels du western et de toute morale. Désormais, les sauvages ne sont plus les Indiens mais les Blancs avec des bandits cruels à souhait, la brave population des petites villes de l'ouest fait preuve de lâcheté et est renvoyée à sa propre hypocrisie, les prostitués constituent presque la seule catégorie sociale morale de l'Ouest et le héros principal sait lui aussi faire preuve d'une bonne dose de cruauté et de brutalité!


                  

Un des grands classique du western spaghetti, assurément.Encore un très bon film de Sergio Corbucci, qui est décidément le 2ème meilleur réalisateur de spaghettis. Ici, un personnage plutôt atypique dans le spaghetti puisqu'il s'agit d'un indien, et quelle chance, c'est Burt Reynolds! D'entrée Corbucci nous annonce la couleur, une indienne se fait tuer et scalper... les corps vont tomber par dizaines! Un très bon méchant, Aldo Sambrell, souvent présent en tant que deuxième couteau chez Leone, et, chose appréciable, Corbucci lui donne une certaine profondeur, notamment dans une scène avec le pasteur (Fernando Rey, toujours très bon). Bref, si vous vous intéressez aux spaghetti, ou si tout simplement vous souhaitez passer un bon moment de cinéma vintage, je ne peux que vous le recommander! (http://www.allocine.fr/film/fichefilm-13229/critiques/spectateurs/).    


                                        
          
On se demande comment avec un tel casting, Robert Parrish, auteur très estimable par ailleurs de westerns inspirés tels que "L'aventurier du Rio Grande" avec Robert Mitchum ou de "Libre comme le vent" avec Robert Taylor et John Cassavetes, a pu se rater à ce point. Non pas que sa mise en scène soit mauvaise, non, le film regorge même de belles scènes, mais il reste difficile d'admettre que celui-ci ait illustré un script aussi confus dont l'enjeu finit par fatiguer jusqu'à laisser indifférent. A sa décharge, peut-être, la version que l'on peut voir actuellement dure 1h23 alors qu'imdb le crédite d'une durée de 1h37 en exploitation cinéma (ce qui équivaudrait à 1h33 en passage télé et signifierait qu'il manque 10 minutes dans la version sortie en dvd en 2005 en France) . Toujours est-il qu'en l'état, celui-ci demeure un film raté dans les grandes largeurs. Ce à quoi on assiste finalement dans ce film aux allures de western spaghetti, c'est à une suite de scènes qui semblent indépendantes les unes des autres, au point de le faire ressembler à un puzzle ni fait ni à faire, et dont les pièces semblent avoir du mal à s'assembler au point qu'il semblerait même en manquer. Le préambule, par exemple, est très bien filmé, techniquement maîtrisé, parfaitement monté, tout en tension et fureur, avec des échanges de regards nerveux entre Robert Shaw et Martin Landau ; tout cela promet beaucoup jusqu'au moment où le film s'arrête d'un coup d'un seul, pour patiner longuement dans un segment où, durant une demi-heure, on se farcit le cabotinage éhonté de Telly Savalas. La suite sera à l'avenant, alternant le pire et le meilleur de façon on ne peut plus décousue, l'ensemble tournant carrément à la confusion la plus totale. Le gros problème de Les brutes dans la ville est d'avoir voulu centrer son intrigue autour d'un mystérieux meurtrier, intrigue qui paraît complètement dérisoire et anecdotique par rapport à tout ce qui nous est montré ailleurs dans cette nouvelle plongée au coeur des révolutions mexicaines.


          
 
A cet égard, on retrouve les mêmes thèmes initiés par Aldrich ("Vera Cruz"), puis ensuite par Damiano Damiani (El Chuncho) ou Corbucci (Le Mercenaire), pour être enfin repris avec autorité par Sam Peckinpah (La horde sauvage) puis Sergio Leone ("Il était une fois la révolution") ; des tableaux cyniques et moribonds d'un Mexique tout fait de pelotons d'exécutions, de pendaisons à foison, de révolutions dont l'idéalisme est mis à mal par des intérêts individuels et dont, en leur sein, on trouve le plus souvent des gens avides de pouvoir et de richesse ; avec, au final, des gens issus du peuple et se réclamant de celui-ci, changeant de camp et d'optique dès lors qu'ils sont parvenus à leurs fins. Tout est là dans cette "ville de bâtards" pour assurer un spectacle énergique sinon même électrique, sauf qu'une mauvaise idée scénaristique vient tout gâcher, obligeant Robert Parrish à se fendre de flashbacks sur-explicatifs, ne sachant plus trop comment relier cet élément de trop et pourtant central, délaissant d'un même coup tous ses personnages, les réduisant alors à des figures on ne peut plus superficielles ou caricaturales.


                              


Les acteurs n'ont, dès lors, plus d'autres alternatives que de jouer la carte des spectres (un Robert Shaw qui, passé le préambule, ne fait plus que baisser la tête avec des regards en coin, Dudley Sutton dont le personnage est réduit à un regard de veau censé exprimer de la froideur au service d'une sentence pour laquelle il est payé), ou bien de cabotiner (un véritable festival qui va de Savalas finissant criblé de balles et crucifié après avoir ricané ironiquement pendant un tiers du film ; à Martin Landau qui ne semble pas sur quel registre jouer - fraternité, idéalisme, cruauté, sadisme - si bien qu'il joue un peu sur tous sans parvenir à convaincre nulle part ; en passant par Al Lettieri condamné aux "Ha ha ha, yé vé té toué !" puis à Stella Stevens qui de la froide détermination transite vers l'hystérie, puis vice-versa, sans que l'on comprenne trop pourquoi). Même Fernando Rey en aveugle ne parvient pas à convaincre, et c'est tout juste si l'on n'a pas pris un stock-shot d'un autre film avec Aldo Sambrell tant il n'est que l'ombre caricaturale de lui-même, le peu qu'on le voit. (http://www.psychovision.net/films/critiques/fiche/1536-brutes-dans-la-ville-les).